Club cycliste de Villeneuve Loubet

5 cols à plus de 2000 - Alpes du Sud 2014


 5 Cols à plus de 2000 - Alpes du Sud 2014

 

Je suis licencié depuis 4 ans au club de cyclisme de L’E.S Villeneuve Loubet. Jusqu’à ce jour  je n’avais jamais eu l’opportunité de participer à leurs séjours de vélo, organisés de main de maître par les nombreux bénévoles de ce club dynamique où l’ambiance est toujours au rendez-vous.  Cette année, parmi les « périples » cyclos au programme , l’un me convenait plus que les autres , il s’agissait de 3 jours dans les Alpes du Sud. Mon ami Fabrice, qui a participé à de nombreuses aventures vélocipèdiques similaires nous a programmé un parcours digne des étapes alpestres de la Grande Boucle à laquelle chacun de nous est très attaché aussi bien pour la partie sportive de l’événement que pour sa couverture télévisuelle qui nous permet de voir les plus beaux paysagesde France sans quitter notre canapé……. Mais en ce 21 Juin 2014, j’allais devoir quitter mon canapé pour parcourir ces jolies routes sur mon vélo.


21 Juin 2014AlpesduSud016

5h30 du matin, le réveil sonne, il est l’heure de prendre une douche, d’avaler un dernier plat de pâtes et de rejoindre mes camarades au gymnase du village où nous attend le Mini-bus du club. Le départ est maintenu à 7h, nous mettons les vélos à l’arrière et nous voilà en train de remonter la Tinée jusqu’à Saint Sauveur après avoir récupéré Eric, le Pompier à l’aéroport. L’effectif est au complet. Jean-Jacques, Fabrice, Eric (l’autre Eric, que j’appellerai Eric M) et  Jean Luc complètent cette joyeuse expédition, avec Corinne, la Femme de J.Jacques qui conduira le Minibus d’assistance. Un effectif rodé aux grandes traversées, un groupe homogène composé de quadras et quinquas qui ont tous à leur actifs de nombreuses traversées en montagne…..quant à moi , comme je vous l’ai déjà dit, ce sera la toute première fois, alors dans le bus je me nourris de leurs anecdotes en espérant avoir de belles histoires à vous raconter à défaut de vivre un calvaire. Le menu complet prévoit 400 km en 3 jours et 8500 m de dénivelé positif en visitant les plus hauts et difficiles cols des Alpes du Sud.

1ER Etape

Notre Minibus s’arrête  à Saint Sauveur, Corinne « prend les clés du camion » comme on dit en rugby quand le demi de mêlée dirige son pack, quand à nous, nous enfourchons nos vélos  et remontons la vallée jusqu’à Isola avant d’affronter les premières grosses pentes du col de la Lombarde.

Tout le monde monte les huit premiers kilomètres  dont les pourcentages sont de 8% de moyenne à sa main , évidemment il n’est pas question d’entamer notre condition physique, sagement chacun trouve son rythme , le temps est magnifique ,le soleil nous accompagne au sortir des grosses pentes et notamment sur le replat situé à 10 km environ du sommet où Corinne se tient déjà à l’affut d’éventuelles défaillances en nous proposant un ravitaillement ….mais il n’en sera rien tout le monde ralliera le sommet  à 2305 m d’altitude sans encombre Les deux Eric accompagnés de JJacques arrivent en premier, puis un peu plus loin je franchis le sommet le cœur en joie de gravir mon premier grand col de la saison accompagné de mon inséparable binôme, Fabrice … suivis de près par Jean Luc. On s’accorde une petite halte, le temps de mettre un coupe-vent, de décider de passer …ou pas par la Fauniera … Finalement  nous n’y passerons pas car la route est enneigée. Le Déjeuner, lui, s’organisera à Vinadio. . Ce sont des endroits que je connais par cœur y ayant fait de nombreuses randonnées  avec ma famille  quand j’étais petit. Mes grands parents maternels habitaient à Cuneo à 52 km du Sanctuaire, ma mère s’y rendait tous les ans à pieds durant l’été, une sorte de séminaire auquel ma sœur, mon frère  et moi participions en gravissant les 17 derniers km menant au magnifique promontoire du sanctuaire perché à 2000 m d’altitude et considéré comme étant le plus haut lieu de culte d’Europe.

Le déjeuner terminé, nous quittons Vinadio et son château pour  60 km de plat et de vent  que nous négocions sous la forme d’un chrono par équipe ou chacun d’entre nous participe  activement à la progression du groupe jusqu’à Saluzzo. La route se redresse régulièrement avec des pentes faibles  jusqu’à Sampeyre qui est le point d’arrivée de notre première journée et dont la montée finale nous donnera l’occasion de brûler nos dernières forces dans une petite course « a qui arrivera le premier à l’hôtel ».Une fois tout le monde regroupé sur le parking de l’hôtel Torinetto, nous prenons possession de nos chambres et improvisons une  ballade dans le village avant de nous mettre à table pour un repas de longue haleine pendant lequel nous refaisons le film de nos 6 heures de vélo et de nos 145 km parcourus. 

2eme Etape – Dimanche 22 Juin

Le jour se lève sur la Val Varaita, …J’adore le nom de cette vallée, déjà tout petit ce nom sonnait à mes oreilles comme le chant des oiseaux et des cloches pendues au cou des vaches ; un court instant,  je me revois enfant marcher, fier, derrière mon grand père avec mon chapeau « d’alpino » sur la tête et ma « picozza » à la main. Petite frayeur au moment de mettre en route le Minibus mais  astucieusement Fabrice remplace la pile du démarreur qui est visiblement  morte par la pile de son capteur de vitesse….et ça marche !!!!AlpesduSud075

 La journée s’annonce difficile, au programme deux cols Hors Categorie, Le col d’Agnel et ses 2773 m d’altitude, et le mythique Col d’Izoard 2350 m - et sa casse déserte.

Durant 20 km la montée sur Pontechianale  se fait assez régulière avec quelques rampes  à 12%,  puis soudainement  arrive le plat de résistance …. Le géomètre  qui a tracé cette route semble avoir perdu la tête, le macadam  se lève comme un seul homme, formant au loin un ruban noir vertical qui monte vers le bleu du ciel et se cache derrière les nuages. Une pente d’une déclivité de 10 %  pendant 10 km qui n’a pas d’égal en termes de difficulté sur aucun col du massif alpin français.  Chacun décide de monter à son rythme, tiens une marmotte et encore une autre …… les plus légers sont évidemment avantagés, la sélection se fait naturellement , à ce petit jeu encore une fois J.Jacques et les deux Eric sont devant,  nous arrivons un à un au sommet. Je suis pour ma part très content d’avoir bien gérer cette ascension, pensant encore à ce qu’il nous restait à faire. Depuis le col s’ouvre à nous la vison toute proche du Mon Viso , la plus haute Montagne de  Alpes du Sud avec ses 3900 m d’altitude , Le sommet de l’agnel matérialise la Frontière entre l’Italie et la France , les deux  versants sont magnifiques, les congères de neiges sont encore imposantes, certaines font deux mètres, c’est dans ce paysage extraordinaire que nous allons entamer notre descente vers Molines en Queyras que nous traversons rapidement avant de faire la traditionnelle pause déjeuner. Corinne est aux petits soins  – Elle est tout simplement géniale Corinne,  elle est vigilante sur tout et surtout sur le cheminement de son héros J.Jacques   et pointe toujours avec son Minibus au moment où nous en avons besoin, elle aussi fait une « sacrée traversée » si je puis dire.  Jean luc le Fruitivore Hygiéniste de la bande se saisit des bananes et des fruits secs, quant aux autres une salade de pâtes nous attend à l’ombre d’un grand arbre …..  Cela change des 41° que nous allons affronter vers Arvieux avant de faire face aux  grosses pentes de l’Izoard. Là encore pas question de rouler en groupe, les pentes sont fortes autant se mettre à son rythme. Devant les deux Eric et moi , jouons du braquet pour dompter rapidement le mur de Brunissard,  J.Jacques a des crampes et fait tourner les jambes , Fabrice et Jean Luc commencent à en avoir plein les chaussettes mais montent bien quand même, ils sont habitués aux joutes montagnardes , la souffrance  glisse sur leurs mollets meurtris ; Eric M. lui aussi a des crampes , il peste et relance, comme un forçat de la route, en le voyant je repense à l’un des livres du Tour de France que je feuilletais  gamin ou l’on voyait Louison Bobet en 1954 sur ces même pentes - il y a 60 ans -  on lisait alors sur la une du journal l’Equipe « Louison Bobet, l’homme seul » , ce jour là il avait relegué F.Kubler à 12 mn à Briançon après être passé en tête sur l’Izoard, nous aussi nous passons un à un devant la stèle à la mémoire du grand Fausto Coppi ;  c’est  Eric le pompier qui aura l’honneur de franchir  le premier la ligne blanche matérialisant le GPM, je ne suis pas loin et assez satisfait de ma montée , j’ai gardé Eric M en point de mire ce qui m’a permis faire monter un peu le cardio comme on dit dans le jargon . Petit à petit tout le monde arrive, au sommet nous nous retrouvons pour la photo traditionnelle et profitons du soleil merveilleux qui nous accompagne. La fatigue commence à se faire sentir et certains d’entre nous ont hâte de retrouver l’hôtel, nous plongeons sur Briançon, plus haute ville d’Europe. Le Faux plat descendant vent de face nous permet encore une fois de passer des relais et ainsi après avoir traversé l’Argentière nous continuons à longer la Durance jusqu’à notre point d’arrivée du jour, la petite Bourgade d’Eyglier située au pied de Mont Dauphin. Il est 16H30 environ, le temps est venu de nous reposer un petit peu et de téléphoner à nos familles respectives. Tout va bien, d’autant plus qu’un bon repas nous attend et comme la veille nous ne nous faisons pas prier pour finir nos assiettes et agrémenter le repas de bonnes anecdotes, au rythme d’un coup de fourchette et un éclat de rire la nuit arrive vite et nos corps meurtris retrouvent rapidement la route de leur lit. Aujourd’hui encore nous aurons fait 6 heures de selle pour 120 km et 3000 m de dénivelé.

Lundi 23  Juin 2014 – 3eme Etape

Le réveil se fait plus lourd, les jambes, elles aussi sont plus lourdes, mais rien n’entame notre bonne humeur et dès 8h15 , Corinne donne le tempo en mettant en route le moteur du Minibus. C’est parti, pour 140 km via le col de Vars  et le col de La Bonette, référencé comme étant la plus haute route d’Europe avec ses 2803 m sous la toise.Alpes du Sud 062

Dès la sortie d’Eyglier nous attend la petite rampe de Guillestre puis   les choses sérieuses commencent, le col de Vars et ses 19 km, de longs passages à 9% nous rappellent qu’il  faudra tout de même nous en méfier.  La montée est difficile et le soleil est déjà chaud ce qui rend l’ascension plus pénible, là encore le petit groupe s’effrite rapidement – Bien que la montée soit  plus facile que celles affrontées la veille, nous en sommes quand même au troisième jour et il est plus prudent de monter souple et de s’hydrater régulièrement ; Corinne ne manque pas de nous le rappeler en nous tendant de tant à autre de l’eau. Notre petit groupe se disperse comme un chapelet sur les lacets, celui du haut voyant en contrebas son camarade et l’encourageant du regard.  Après avoir passé la station de Vars située à mi-pente , les alpages nous conduisent tout droit au sommet du col à travers deux petit lacs qui longent la route. La encore la neige est encore présente sur les cimes ce qui rend le paysage plus majestueux. Une photo souvenir, des bananes et des vêtements chauds et Hop on plonge, on quitte le Queyras pour prendre la direction de la vallée de l’Ubaye et plus précisément de Saint Paul sur Ubaye. Dans la descente Fabrice est victime d’une crevaison, le groupe se reforme et nous rallions tous ensemble le fond de la vallée Ou nous attend le village de Jausiers et les contreforts du Col de la Bonette, un gros morceau, si je puis dire avec ses 24 km d’ascension. Là encore, nous choisissons de monter tranquillement, seul Eric M. décide réellement de « faire la montée » ayant de bonnes jambes il disparait rapidement de notre champ visuel, Eric attend J.Jacques qui  craint à nouveau les crampes, quant à J.Luc Fabrice et moi nous montons en compagnie d’une colonie de mouches qui ont décidés de se coller  visiblement à nos vélos.  Nous arrivons un à un à la Cabane noire ou Corinne gare le Minibus et nous signale qu’il est l’heure de Déjeuner ….les petits.

Le déjeuner champêtre sous le soleil, le sifflement des marmottes nous rappelle que nous sommes à 2000 m  d’altitude. Une grosse demi-heure de pause et nous voilà repartis pour les 10 derniers kilomètres nous menant à la cime de la Bonette, le passage du dernier « verrou » nous menant aux anciens casernement est assez raide puis le final est une formalité, la chaussée  retrouvant des pentes voisines de 6% , la présence de congères de neige sur les abords de la route nous rappelle que le col était encore fermé il y une quinzaine de jours. L’arrivée au sommet d’un col est toujours une joie particulière, il s’agit du dernier col de notre traversée... Je regrette presque que tout soit déjà terminé ; l’air est extrêmement frais, comme toujours au sommet de la Bonette les abris se font rares,  dès l’arrivée de Fabrice et Jean Luc nous prenons juste le temps d’immortaliser numériquement  « Corinne et son Boys Band en cuissard » et nous voilà lancés à vive allure dans la descente vers la vallée de la Tinée.  Nous sommes arrêtés dans notre élan par un troupeau de moutons, en effet aujourd’hui, commence la transhumance des troupeaux vers les pâturages, 3000 moutons se retrouvent sur la route, bloquant ainsi toute circulation , Jean Luc en profite pour prendre une photo peu banale de J.Jacques transformé un cours instant en bouc  au milieu du troupeau , Fabrice quand à lui, nous fait le remake de la crevaison. Allez Fab, c’est bientôt terminé, dans quelques jours tu seras sur une plage de Corse aux eaux turquoises.  ….Nous reprenons notre descente jusqu’à St Etienne de Tinée où tout le monde se regroupe. J.Jacques, J.Luc et Fabrice décident de monter dans le Minibus quant aux deux Eric et moi nous faisons durer le plaisir en faisant tourner les jambes jusqu’à Pont de Clans 40 km plus bas dans la vallée. Tourner les jambes étant un doux euphémisme puisque de Saint Sauveur à Pont de Clans nous nous faisons un retour dans le porte  bagages (comme on dit dans le jargon ) du Minibus, conduit par J.Jacques (notre directeur sportif)  à 45/50 km heures ...  Pont de Clans – Terminus , tout monde descend du Minibus et des vélos pour un dernier rafraichissement sur la terrasse du bar ,aujourd’hui encore nous aurons  fait nos 6 heures de selle et nos 137 km ….AlpesduSud092

Fin de l’aventure, nous prenons tous place dans le Minibus, au vu  de la densité de la circulation on sent que nous sommes de retour dans la civilisation de masse – en tout cas on se sera accordés tous les sept un bon bol d’oxygène.

Georges

 

NB : Encore un grand merci à Corinne pour sa convivialité et son support logistique sans faille. … et à Fabrice pour la conception et la réalisation du séjour,  ainsi que pour les décors  (et oui on voit bien que tu travailles à la TV )

 

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Commentaires  

0 #1 Hub 04-09-2015 10:57
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Le géomètre qui a tracé cette route semble avoir perdu la tête, le macadam se lève comme un seul homme, formant au loin un ruban noir vertical qui monte vers le bleu du ciel et se cache derrière les nuages.
J'adooooore !
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